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Bienvenue dans ce podcast des "Rendez-Vous des Ambassadrices et Ambassadeurs du numérique" de Nantes Université.
La transformation numérique est avant tout une histoire humaine. La communauté des Ambassadrices et Ambassadeurs du numérique fédère des personnes souhaitant accompagner ces changements d'usages tant dans notre quotidien que dans nos implications professionnelles. Une fois par trimestre, nous irons à la rencontre de nos collègues qui ont fait le choix de faire partie de cette communauté basée sur l'entraide autour des pratiques du numérique.
Résumé :
Pour ce deuxième épisode de 2024 sur la thématique "Accessibilité numérique", nous accueillons Régine Hauraix (Conservateur au sein des Bibliothèques Universitaires de Nantes - Chargée de missions "Culture et diffusion des savoirs" et "Accessibilité pour tous").
Régine nous partage les premières actions de formation pour "Concevoir et produire des documents numériques nativement accessibles" qui s'adresse aux personnels des BU. Pilotée par la Direction des Systèmes d'Information et du Numérique, l'accessibilité numérique est désormais un axe majeur du Schéma Directeur du Numérique à venir du volet "Social". Les actions seront développées et intégrées désormais dans le Schéma Directeur du Handicap 2024-2027.
Si vous aussi, vous souhaitez rejoindre la communauté, contactez-nous sur numerique.pratique@univ-nantes.fr.
Bonjour et bienvenue dans ce podcast des rendez-vous des Ambassadrices et Ambassadeurs du numérique de Nantes Université. Je m'appelle Delphine Bouan. Bonjour, bienvenue, je m'appelle Jérôme Tanguy. Une fois par trimestre, nous irons à la rencontre de nos collègues qui ont fait le choix de faire partie de cette communauté basée sur l'entraide autour des pratiques du numérique.
Delphine : Bonjour à toutes et tous et bienvenue sur ce nouveau rendez-vous des Ambassadeurs et Ambassadrices du numérique. On est ravis d'accueillir Régine Hauraix aujourd'hui avec nous et on va te demander de te présenter s'il te plaît Régine.
Régine : Merci de m'accueillir. Donc je travaille à la bibliothèque universitaire de Nantes en tant que conservateur et je suis chargée de deux missions. La première est la mission "Culture et diffusion des savoirs" et la deuxième, celle qui nous intéresse aujourd'hui, la mission "Accessibilité pour tous".
Jérôme : L'accessibilité pour tous, c'est quoi ?
Régine : Alors en bibliothèque universitaire, tout le monde sait que nous accueillons tous les publics et que nous essayons de rendre le meilleur service et de proposer les meilleures collections aussi en fonction des besoins des gens qui fréquentent les bibliothèques Donc la mission "Accessibilité pour tous" a été créée voilà depuis plusieurs années déjà avec comme objectif de mettre en place des dispositifs, des services et des collections pour faciliter l'accès à l'information aux personnes en situation de handicap.
Jérôme : Aujourd'hui on s'intéresse plus à l'accessibilité numérique, c'est quoi l'accessibilité ?
Régine : Alors l'accessibilité numérique, c'est la façon de concevoir et de développer des documents numériques qui soient réellement utilisables par les personnes en situation de handicap. Donc pour nous, si je peux développer, cela nous concerne forcément puisque les bibliothécaires éditent des documents dans le cadre de leur travail, donc ça peut être des documents informatifs mais aussi des documents de communication ou des documents pédagogiques et sur tout support aussi bien écrit que web ou en vidéo ou en audio. Donc il était important, il est important pour nous de comprendre les enjeux déjà de l'accessibilité numérique, d'intégrer le fait que c'est une obligation réglementaire et qu'apparemment la Loi va se renforcer d'ici 2025. Et donc il était important de nous former pour que nous produisions des documents sous n'importe quel type de support qui soient vraiment accessibles.
Delphine : C'est vrai que ça a été un long travail, un travail justement de personnalisation évidemment pour vous accompagner dans ce que tu viens de dire Régine. Évidemment, toute cette démarche elle s'inscrit maintenant dans une démarche institutionnelle. Ce sujet de l'accessibilité numérique va s'inscrire dans le Schéma Directeur du Handicap de Nantes Université. L'état d'esprit finalement il est plus, on va dire, pour initier cette sensibilité. Il y a ce cadre légal bien sûr qu'il faut considérer. On a évidemment une loi à respecter mais finalement les intentions, elles, vont bien au-delà et j'aimerais bien que tu développes un petit peu ces intentions.
Régine : Oui tout à fait, comme je vous disais les bibliothèques universitaires sont des bibliothèques publiques ouvertes à tous et toutes sans aucune exception. Donc suivre les besoins des usagers et adapter nos services est vraiment un souci et une règle pour les bibliothécaires. Ça c'est le point de départ. Nous produisons des documents, nous produisons de l'information. Jusqu'à présent on avait très peu entendu parler des difficultés qu'ont les personnes en situation de handicap pour accéder à toute cette information. On ignorait par exemple qu'elles utilisaient des techniques d'assistance pour les aider à vraiment prendre connaissance de l'information. Donc petit à petit, m'ayant moi aussi formée, m'ayant intéressée au sujet, ayant beaucoup lu de choses sur la question et aussi ayant la chance de travailler avec un groupe de personnes en situation de handicap que j'appelle le groupe Focus. Ce groupe est composé d'étudiants, d'étudiantes et de personnels en situation de handicap qui ont été volontaires pour travailler avec nous. Grâce à tout cet environnement, j'ai pris conscience de certains problèmes, de certains enjeux et donc j'ai pu commencer à en parler dans les réunions de service avec mes collègues. Donc il y a un niveau d'information et de prise de conscience qui est différent suivant les personnes et à force d'en parler et de mettre les enjeux et les biais aussi sur la table, petit à petit le chemin se fait dans les têtes et puis donc on a pu mettre ce premier dispositif en place d'une première formation qui a réuni à peu près une trentaine de bibliothécaires et j'ai bien vu sur la différence de réaction et de compréhension entre la première matinée et la dernière après-midi que les collègues ont compris pourquoi il était important d'utiliser tous les ressorts de l'accessibilité numérique pour permettre aux personnes en situation de handicap d'accéder à l'information, de ne pas les exclure. Et donc ça demande un effort du côté des professionnels bien sûr de s'adapter, de modifier la façon dont on crée des documents et la façon dont on les met à disposition, mais en fait cet effort il est minime par rapport aux gains que cela va apporter aux personnes en situation de handicap.
Delphine : C'est plus qu'une conviction.
Régine : C'est plus qu'une conviction, oui c'est une réalité et quand on côtoie les membres du groupe Focus, ça paraît une évidence que les personnes valides évidemment ne peuvent pas toujours avoir en tête puisque nous ne connaissons pas ces difficultés.
Delphine : On peut préciser d'ailleurs que toutes les adaptations qu'on fait elles sont aussi valables pour les personnes qui n'ont pas de handicap donc c'est vraiment une démarche inclusive de toute façon.
Régine : C'est ça, tout à fait. C'est tout l'intérêt puisque tous les efforts qu'on fera ne sont même pas des efforts, ce sont juste des procédures à adopter. Une fois qu'on les aura adoptées, on ne se posera même plus la question. Par exemple utiliser une feuille de styles pour rédiger un document Writer ou Word, eh bien voilà on sait qu'il faudra le faire dès le début, on ne se posera plus la question. Ça c'est un premier point et une fois que ce sera fait, effectivement ça profitera à l'ensemble des personnes. Donc pourquoi ne pas le faire ?
Jérôme : Vous pourriez peut-être même y gagner du temps en fait, c'est des règles qu'on ne connaît pas. Mais c'est vrai que des polices de caractère, des conseils, tout ça, vous avez eu ces éléments-là dans cette formation. Tu as appris des choses que tu ignorais, tu as le droit, c'est bien.
Régine : Oui oui, j'ai appris beaucoup de choses que j'ignorais. Alors je connaissais l'usage des feuilles de styles. On a été un petit peu plus loin par exemple autour de l'insertion d'une image dans un texte et le fait de remplacer par un texte alternatif ou d'ajouter un texte alternatif pour décrire l'image, ça je n'avais jamais fait. L'insertion d'un tableau aussi pour que les outils d'assistance utilisés par les personnes en situation de handicap lisent bien de colonne en colonne et de cellule en cellule plutôt que de se balader dans n'importe quelle cellule et du coup le texte devient complètement incompréhensible. Et puis aussi des choses sur comment les personnes en situation de handicap se rendent compte quand un document est vraiment bien codé, est vraiment bien fait au départ et la facilité que ça leur offre pour accéder à de l'information alors que ça peut être une vraie galère et parfois elles ne peuvent pas accéder à un site web ou un document en ligne sans ces techniques-là. Donc on lutte contre l'exclusion et on favorise l'inclusion.
Delphine : Par rapport à la formation que tu viens de suivre, comment tu vois les choses évoluer ?
Régine : Alors la formation n'est pas encore terminée, il y a une session hier et aujourd'hui. Deux trois petites idées ont émergé à la fin de la première séance de formation. Essayer d'en interne former les collègues au stylage, à la feuille de styles de manière simple. Je pense que plusieurs collègues formateurs, formatrices au sein des BU pourront faire cette formation en interne. Une fois que les collègues utiliseront tout le temps la feuille de styles pour leurs documents, on peut très bien imaginer aussi qu'on nomme des référents accessibilité numérique dans les BU alors qu'ils ne s'occuperont pas du plan technique mais de l'accompagnement des bibliothécaires justement en cas de difficulté de mise en oeuvre lors de la création de documents accessibles. Puis de manière générale aussi des formations en interne ou en externe pour sensibiliser tous les bibliothécaires au handicap et à l'accueil des personnes en situation de handicap qui peuvent faire peur si on n'est pas formé et sensibilisé. Voilà les trois points qui sont sortis. On va voir avec la deuxième session.
Delphine : Je suis passée les voir ce matin et j'ai fait en sorte de les rassurer aussi. Tout ça va s'inscrire dans le temps. On va le faire pas à pas évidemment parce que c'est forcément des nouvelles pratiques, des nouvelles habitudes. Ce n'est pas qu'un changement de point de vue. Ça peut effectivement bouleverser évidemment une façon de travailler et difficile parfois à changer. Mais je pense que voilà en étant dans la pédagogie, en étant aussi entouré puisque on va avoir toute une équipe et d'ailleurs qui va dépasser le cadre d'une université puisqu'il y a un groupe de travail qui se monte pour fédérer les universités à travers du CSIER notamment. Donc voilà il faut y aller tous ensemble, s'entraider et puis au fur et à mesure, comme tu le disais au début de l'entretien, que ça devienne des habitudes tout simplement. C'est important.
Jérôme : D'après ce que j'entends en fait, on ne savait pas avant. Enfin en gros, tu ne savais pas avant. C'est une sensibilisation en fait. On découvre des choses que ne pas mettre un texte ou une image que quelqu'un ne voit pas, on ne saura pas que c'est un escalier, ou un JPEG. C'est des choses comme ça. En fait, il faut sensibiliser, informer pour faire des ressources accessibles à tous.
Régine : Exactement. Nous ne sommes pas forcément concernés par un handicap. Donc nous ne savons pas. rencontrer des personnes qui, elles, s'occupent de toutes ces difficultés, de tous ces sujets depuis longtemps et apprendre, assimiler, intégrer et se rendre compte que c'est très important en fait de rendre le maximum de choses accessibles pour l'épanouissement des personnes en situation de handicap et de faire en sorte que ce soit des citoyens comme les autres.
Delphine : Oui, ce qu'on veut éviter, évidemment, c'est cette posture validiste, puisque effectivement on peut voir le handicap d'une façon, on va dire, un petit peu biaisée quand on n'en a pas. Donc là, la démarche, elle est justement de sortir de cette position et l'enjeu, il est aussi évidemment ensuite de l'intégrer dans les pratiques. Tous les métiers ne sont pas forcément concernés, or que tu sembles avoir un avis un peu différent de ce que tu me disais tout à l'heure.
Régine : Je pense qu'on est tous concernés en réalité. Il y a toujours quelque chose à mettre en place qui facilite.
Jérôme : Et surtout, il faut peut-être se casser l'image que ça va nous donner du travail supplémentaire, peut-être pas, si on commence bien les choses. Régine : Bien sûr. Si, par exemple, on nous avait formés dès le début de notre carrière professionnelle à utiliser une feuille de styles dans tous nos documents, on ne se poserait pas la question. Et on serait déjà un petit peu plus avancé sur le chemin de l'accessibilité numérique. Donc, ce n'est pas un problème de travail en plus, c'est un problème de… Ce n'est pas un problème, c'est juste une habitude de faire un peu différemment.
Jérôme : Un petit peu comme les normes biblio que je ne maîtrise pas.
Régine : C'est ça. C'est pas un effort à faire, c'est un apprentissage à avoir. Et une fois qu'il est fait, il est assimilé. Donc, après, ça devient usuel.
Delphine : Ça, c'est important de le repréciser parce que, évidemment, ça va être compliqué au début. sûr, ça va nécessiter des efforts. Et oui, il va falloir accompagner, ancrer aussi. Donc, ça va demander du temps. Mais encore une fois, la démarche, elle est cadrée. Elle va être, à Nantes Université, évidemment, pilotée. Et puis, petit à petit, des décisions vont être prises à la fois sur la production et la conception des contenus, mais aussi, évidemment, sur le développement des plateformes qui sont des sujets qui sont bien spécifiques à encadrer. Voilà, ça, c'est une globalité. Et moi, je suis très enthousiaste à l'idée d'imaginer qu'on est déjà dans cette dynamique grâce à l'initiative que tu as portée. On peut le dire, c'est vraiment ta démarche au départ qui a commencé, qui s'est inscrite finalement dans cette dynamique, qui devient institutionnelle maintenant.
Régine : C'est gentil de le dire, mais en fait, c'est parce que je me suis, moi aussi, informée, renseignée, j'ai rencontré des gens. Et puis, j'ai vu ces textes réglementaires. Donc, tout ça a fait que, pour moi, c'était devenu une évidence d'aller sur ce chemin-là parce que ce qui est important, c'est de regarder le résultat. Donc, le résultat, ça va être des personnes en situation de handicap qui vont voir leur vie facilitée. Donc, ça, c'est un beau cadeau à leur faire.
Delphine : Disons que l'état d'esprit de la communauté des Ambassadrices et Ambassadeurs du numérique à Nantes Université, c'est d'apporter des convictions, un socle, et qui, évidemment, s'étendent après sur les métiers. Mais cette communauté-là, c'est d'abord des personnes qui ont des convictions et qui veulent les porter pour le bien commun. C'est ça, l'esprit de cette communauté, et tu en fait largement partie.
Régine : Merci. Et c'est vrai, c'est bien résumé.
Delphine : On a une petite tradition, en général, pour finir ce podcast. Et Jérôme, d'ailleurs, a une question pour toi.
Jérôme : Alors, la question va peut-être te sembler compliquée. Tu as le droit de ne pas répondre, mais je doute que tu ne répondes pas. En un mot, il faut résumer cet entretien.
Delphine : On y arrive rarement, mais bon.
Jérôme : Rarement pour toi.
Delphine : Un petit défi.
Régine : Cet entretien a été très "accessible".
Jérôme : Moi, je dirais égalité, que tout le monde ait. C'est le rôle, à mon avis, de l'université de donner le savoir à quiconque, quel que soit son handicap, sa couleur, sa tout, quoi. Oui, la universalité.
Delphine : En fait, le dernier mot, Jérôme, c'est celui de notre invitée.
Jérôme: Ah oui, mais ça ne marche jamais avec moi, tu sais bien.
Delphine : Merci, Régine, vraiment. Merci pour le temps que tu nous as consacré. Et puis, bien sûr, c'est parti, j'ai envie de dire.
Régine : Tout à fait, on y va et merci beaucoup à vous.
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